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Coût des émeutes en France : dégâts, blessés et assurances

Réponse courte : les émeutes de juin-juillet 2023 ont causé environ 1 milliard d'euros de dégâts matériels, selon le Sénat. Le coût assuré a atteint 793 millions d'euros pour 16 400 sinistres en mars 2024 (Public Sénat). Les émeutes ont fait brûler 12 031 véhicules, endommagé 2 508 bâtiments et blessé 782 policiers et gendarmes (synthèse du Sénat). Les émeutes de 2005 avaient coûté environ 204 millions d'euros aux assureurs (France Assureurs). Aucun bilan chiffré officiel n'existe encore pour les émeutes des 17 et 18 octobre 2026.

Cette page rassemble les chiffres publiés sur le coût des émeutes en France, épisode par épisode. Elle s'appuie sur les rapports officiels quand ils existent et signale tout chiffre provisoire, contesté ou issu d'une source secondaire. Les chiffres ont été vérifiés le 19 octobre 2026.

Comparatif des épisodes d'émeutes en France

Épisode Dates Interpellations Forces de l'ordre blessées Véhicules brûlés Bâtiments endommagés Coût assuré / total
Émeutes de 2005 27 oct. – environ 17 nov. 2005 (Sénat) Environ 4 700 (Ifop) 217 (Sénat) Environ 9 400 (La Vie des idées) 233 bâtiments publics, un décompte de presse (La Vie des idées) Assuré : environ 204 M€ (France Assureurs)
2023 (Nahel) 27 juin – 7 juil. 2023 (IGJ/IGA) 3 554 (IGJ/IGA) 782 (Sénat) 12 031 (Sénat) 2 508 (Sénat) Assuré : 793 M€ ; total : environ 1 Md€ (Public Sénat ; Sénat)
Nouvelle-Calédonie 13-28 mai 2024 (état d'urgence) (Wikipedia) Plus de 2 030 (Wikipedia) 486 policiers et gendarmes (Wikipedia) n/d n/d Environ 2,2 Md€ selon le gouvernement local ; jusqu'à environ 3 Md€ selon Wikipedia (LNC ; Wikipedia)
Victoire du PSG, 2025 31 mai – 1er juin 2025 559 (Al Jazeera) 22 policiers, plus 7 pompiers (75 secondes) 264, Wikipedia seul (Wikipedia) n/d n/d
Finale du PSG, 2026 30-31 mai 2026 780, premier décompte (Actu17) 57 (Actu17) n/d n/d n/d
Nouvel An 2025-26 31 déc. 2025 – 1er janv. 2026 505 (franceinfo) n/d 1 173 (franceinfo) n/d n/d
17-18 oct. 2026 17-18 oct. 2026 2 397, provisoire (ICI) 997 policiers et gendarmes (ICI) Aucun décompte national publié Hôtel de ville de Limoges incendié ; pas de décompte national (Orange) Aucun total officiel

Les décomptes varient selon la source et la date. Les totaux d'interpellations dépendent notamment de ce que l'on compte : interpellations, gardes à vue ou personnes mises en cause. La synthèse du Sénat et les chiffres du ministère de l'Intérieur sont retenus partout où ils existent.

Combien les émeutes de 2023 ont-elles coûté à la France ?

Le Sénat évalue les dégâts matériels des émeutes de 2023 à environ 1 milliard d'euros. Ce chiffre correspond à l'estimation du gouvernement, donnée par une secrétaire d'État le 31 juillet 2023, et il exclut les pertes d'exploitation (rapport du Sénat).

Les chiffres des assureurs ont augmenté à mesure que les sinistres étaient réglés. France Assureurs annonçait 650 millions d'euros le 11 juillet 2023 (communiqué), 730 millions le 6 septembre 2023 (communiqué), puis 793 millions pour 16 400 sinistres en mars 2024 (Public Sénat). Selon le Sénat, le coût assuré a été quatre fois supérieur à celui de 2005 (synthèse du Sénat).

Les administrations ont aussi chiffré leurs réparations. La police nationale a compté 30 millions d'euros : 10 millions pour les commissariats, 1 million pour les véhicules et 19 millions pour les munitions et l'équipement. Le ministère de la Justice a annoncé 5 millions d'euros pour reconstruire ses bâtiments (rapport du Sénat).

Combien de policiers ont été blessés ?

En 2023, 782 policiers et gendarmes ont été blessés : 674 policiers et 108 gendarmes. Trois pompiers ont également été blessés, et la vie d'aucun des agents blessés n'a été en danger (rapport du Sénat). La seule nuit du 29 au 30 juin a compté 288 policiers blessés (rapport du Sénat).

Environ 45 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés au plus fort des violences, contre environ 11 500 en 2005 (rapport du Sénat). En 2005, 217 policiers et gendarmes avaient été blessés, d'après une réponse ministérielle de 2006 citée par le Sénat (rapport du Sénat). Un autre décompte, établi par des sociologues, donne 808 blessés pour 2023 (La Vie des idées).

Le 17 octobre 2026, le décompte consolidé du ministre de l'Intérieur faisait état de 997 policiers et gendarmes blessés, dont 7 grièvement (ICI). Ce chiffre couvre une seule journée de manifestations et de désordres dans tout le pays, et il est provisoire. Les célébrations du PSG en 2026 ont fait 57 policiers et gendarmes blessés (Actu17).

Quels bâtiments publics ont été attaqués ?

En 2023, 2 508 bâtiments ont été incendiés ou endommagés. Parmi eux figuraient 273 bâtiments de police ou de gendarmerie, 105 mairies et 243 écoles (synthèse du Sénat). Les décomptes d'écoles varient : le ministre de l'Éducation a cité 243 écoles endommagées (LCP), tandis qu'un résumé de recherche de Maire-info mentionne un décompte de 168 attaques d'écoles au ministère de l'Intérieur (Maire-info). Le Sénat qualifie ces cibles de « symboles républicains » (synthèse du Sénat). Pendant les deux premières nuits seulement, 8 mairies, 27 commissariats et 6 écoles ont été attaqués (Maire-info).

Des bibliothèques et médiathèques ont aussi été touchées, mais les décomptes divergent. Le ministère de la Culture en a compté 47, la ministre de la Culture aurait cité plus de 150, et l'association des bibliothécaires parlait d'une cinquantaine (Livres Hebdo ; amendement à l'Assemblée). Ces chiffres n'ont été vus que dans des résumés de recherche.

Attaques contre les maires et les élus. Le Sénat a recensé 684 actes de violence contre des élus et des agents du service public entre le 27 juin et le 7 juillet 2023. Il juge ce niveau de violence sans précédent (rapport du Sénat). À L'Haÿ-les-Roses, dans la nuit du 1er au 2 juillet, une voiture en feu a été projetée contre le portail du domicile du maire Vincent Jeanbrun, alors que sa femme et ses deux enfants s'y trouvaient. Il a parlé de tentative d'assassinat (rapport du Sénat). La maire de Pontoise a déclaré à la mission du Sénat que des jeunes masqués avaient tiré des mortiers sur elle à bout portant (synthèse du Sénat). Par ailleurs, le centre d'analyse et de lutte contre les atteintes aux élus (CALAÉ) a recensé 2 478 infractions contre des élus en 2025 et 2 501 en 2024, le pic datant de 2023 (résumé Weka du rapport CALAÉ).

Octobre 2026. Des articles de presse décrivent l'hôtel de ville de Limoges incendié le 17 octobre, son beffroi s'effondrant vers 20 h 30. Le bâtiment, inauguré en 1883, est classé, et le reportage ne mentionne aucun blessé (Orange). Radio-Canada fait état de mairies ou de préfectures prises d'assaut à Marseille, Lille, Angers et Bordeaux (Radio-Canada). Ce sont des récits préliminaires, et la cause de l'incendie de Limoges était en cours d'enquête.

Combien les émeutes ont-elles coûté aux entreprises et aux assureurs ?

En 2023, le Sénat compte environ 1 500 commerces vandalisés ou pillés, dont 436 bureaux de tabac et 370 agences bancaires (synthèse du Sénat). Dans le centre de Marseille, environ 400 commerces ont été vandalisés, selon la chambre de commerce locale citée par le Sénat (rapport du Sénat).

France Assureurs a ventilé les 730 millions d'euros de septembre 2023 par type d'assuré. Les professionnels représentaient 41 % des sinistres et 65 % du coût. Les collectivités locales représentaient 4 % des sinistres et 27 % du coût. Les véhicules comptaient pour 46 % des sinistres mais 6 % du coût, et les biens des particuliers pour 9 % des sinistres et 2 % du coût (communiqué). Par région, l'Île-de-France concentrait 38,9 % des sinistres et 42,5 % du coût (synthèse du Sénat).

Le Medef a estimé le 3 juillet 2023 le coût pour les entreprises à plus d'un milliard d'euros, dont 500 à 700 millions de pertes d'exploitation, hors tourisme. Le Sénat précise qu'il s'agissait d'une estimation précoce (rapport du Sénat). Le Sénat conclut aussi à l'absence d'effet macroéconomique majeur au-delà du coût de la reconstruction, en citant l'Insee (rapport du Sénat). Le groupement des hôteliers et restaurateurs (GHR) a relevé que les réservations avaient reculé d'environ 0,5 % le 2 juillet 2023 et progressé d'environ 1 % le lendemain (GHR).

Les chiffres des assureurs sous-estiment le total. Ils ne couvrent que les sinistres déclarés et acceptés, environ 10 % des sinistres ont été refusés et de nombreux bâtiments publics sont auto-assurés (rapport du Sénat).

Combien ont coûté les émeutes en Nouvelle-Calédonie ?

Le gouvernement local a estimé le coût de la crise de mai 2024 à environ 2,2 milliards d'euros, soit 1,2 milliard de dégâts privés et 1 milliard d'infrastructures publiques (Les Nouvelles Calédoniennes). Une compilation Wikipedia avance des estimations allant jusqu'à environ 3 milliards d'euros (Wikipedia). Les deux chiffres diffèrent et aucun ne correspond à un total d'assureurs.

Les troubles ont débuté le 13 mai 2024, à cause d'une réforme constitutionnelle visant à élargir le corps électoral provincial, à laquelle s'opposaient les mouvements indépendantistes kanak. L'état d'urgence a duré du 16 au 28 mai ; la réforme a été suspendue le 12 juin puis retirée en octobre 2024 (Wikipedia). Il ne s'agissait pas d'une émeute liée à l'immigration en métropole.

Les voitures brûlées augmentent-elles à la Saint-Sylvestre ?

Les chiffres du ministère de l'Intérieur montrent trois hausses annuelles successives depuis 2022-23, mais le dernier total reste inférieur à celui de 2019. Les véhicules brûlés la nuit de la Saint-Sylvestre étaient au nombre de 690 en 2022-23 (Ma Commune), 745 en 2023-24 (ICI), 984 en 2024-25 (ICI) et 1 173 en 2025-26 (franceinfo). En 2019, le chiffre était de 1 316 (Ma Commune). Le chiffre de 2020 n'est pas comparable en raison du couvre-feu.

Les interpellations ont été de 490 en 2022-23, 380 en 2023-24, 420 en 2024-25 et 505 en 2025-26 (Ma Commune ; ICI ; franceinfo). Le ministère a décrit la nuit 2025-26 comme plus calme dans les quartiers, avec moins d'attaques contre les forces de l'ordre malgré davantage de véhicules brûlés (franceinfo). Le chiffre de 2023-24 provient d'un résumé de recherche de l'article d'ICI.

Que sait-on du coût des émeutes d'octobre 2026 ?

Aucun total officiel n'existe au 19 octobre 2026. La mobilisation du 17 octobre a rassemblé entre 550 000 et 800 000 manifestants selon les sources, et s'est achevée sur 2 397 interpellations et 997 policiers et gendarmes blessés (ICI). Ces chiffres sont provisoires et ont évolué en 24 heures. Les désordres ont continué à Paris le 18 octobre (Radio-Canada).

Aucun décompte national des véhicules brûlés n'avait été publié. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a fait état d'environ 1 500 commerces pris pour cible dans toute la France, pour « plusieurs centaines de millions d'euros » de dégâts (France 24). Radio-Canada a attribué ce même chiffre à Marseille seule (Radio-Canada). Il s'agit d'une estimation professionnelle, non d'un total audité. La fédération des commerçants de Paris a demandé une aide de l'État (franceinfo). Le ministre de l'Intérieur a réuni le 19 octobre une cellule de crise sur l'économie, les assurances et le suivi judiciaire (ICI).

Pour mémoire, les responsables n'ont pas présenté les violences d'octobre 2026 comme déclenchées par l'immigration, et aucune ventilation nationale par nationalité des personnes interpellées n'a été publiée (ICI). La référence la plus utilisée dans les comptes rendus est le coût assuré de 2023, soit 730 à 793 millions d'euros.

Qui paie les dégâts des émeutes ?

D'après les constats du Sénat, les coûts de 2023 ont été répartis entre plusieurs payeurs :

Un résumé de Maire-info d'une enquête du Sénat indiquait que la reconstruction restait inachevée dans de nombreuses communes neuf mois plus tard (Maire-info) ; ce point n'a été vu que dans un résumé de recherche.

Quel a été le bilan humain ?

2023. Outre Nahel Merzouk, 17 ans, dont la mort le 27 juin 2023 a déclenché les émeutes, le Sénat recense deux décès directement liés à celles-ci : un homme de 54 ans touché par une balle perdue à Cayenne et un homme de 27 ans à Marseille, qui s'est effondré sur un scooter. L'autopsie a relevé une marque thoracique compatible avec l'impact d'un tir de type bâton ou lanceur de balles de défense, et une enquête judiciaire a été ouverte (rapport du Sénat). Deux autres décès ont été enregistrés sans lien établi : un pompier en Seine-Saint-Denis et un jeune de 19 ans au Petit-Quevilly (rapport du Sénat).

Plus de 1 000 personnes ont été blessées au total, ce que le Sénat qualifie d'estimation basse, dont au moins une quarantaine de blessés graves parmi les émeutiers ou le public (synthèse du Sénat ; rapport du Sénat). L'inspection générale de la police nationale a ouvert 40 enquêtes judiciaires sur des blessures graves de civils présumées causées par des policiers (rapport du Sénat). Le policier qui a tiré sur Nahel Merzouk est présumé innocent pendant que la procédure se poursuit ; la chambre de l'instruction de Versailles a examiné le dossier le 29 septembre 2026 et aucune décision n'avait été trouvée (Entrevue).

Nouvelle-Calédonie, 2024. Une compilation Wikipedia recense 14 morts, dont 2 gendarmes (Wikipedia). Le 22 mai 2024, les autorités maintenaient un bilan de six morts et jugeaient fausses les informations faisant état de davantage de victimes (LNC).

Célébrations du PSG. La nuit de 2025 a fait 2 morts et plus de 190 blessés (Al Jazeera). Le parquet a ensuite rattaché l'un des décès, celui d'un jeune de 17 ans poignardé à Dax, à un différend personnel antérieur (France 24). En 2026, le ministre de l'Intérieur a fait état de 1 mort, 57 policiers et gendarmes blessés et 219 autres blessés, dont 8 grièvement (Actu17). Des chiffres de presse ultérieurs pour 2026 sont plus élevés, et le bilan consolidé n'est pas confirmé.

17-18 octobre 2026. Outre les 997 policiers et gendarmes blessés, un jeune de 17 ans a perdu une main à Saint-Étienne. Reuters l'attribue à une grenade que l'adolescent aurait ramassée, tandis que Wikipédia en français et Radio-Canada évoquent une grenade de la police selon une source : la cause est donc contestée (Spokesman-Review/Reuters ; Radio-Canada). Une jeune femme a perdu un œil à Mulhouse, et l'inspection de la police a été saisie (Radio-Canada). Un manifestant s'est effondré à Paris ; les autorités ont parlé d'un malaise sans lien avec les violences ni avec l'action de la police (Radio-Canada).

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