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Islamisme · Charia · Étude de cas : la Grande-Bretagne

Mahomet : les données historiques

Marchand, prédicateur, dirigeant et chef militaire : ce que disent les plus anciennes sources de l'islam lui-même sur la vie de Mahomet, ses guerres, ses épouses et ses esclaves, et sur l'auteur du Coran.

2,849 mots · Mis à jour le 3 octobre 2026 · Chaque affirmation est sourcée · Télécharger la brochure (PDF)

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La réponse courte #

Mahomet est né à La Mecque vers 570 et mort à Médine en 632. Selon la tradition musulmane, il était un orphelin devenu berger puis marchand, et il épousa une riche commerçante. Vers 40 ans, il commença à prêcher qu'il recevait des révélations d'Allah. Après son installation à Médine en 622, il en devint le dirigeant politique et un chef militaire. Les sources de ses propres disciples dénombrent 27 expéditions qu'il mena en personne et 38 qu'il envoya. À sa mort, il avait placé la majeure partie de l'Arabie sous son autorité.

Les musulmans croient qu'il fut le dernier prophète et que le Coran est la parole d'Allah, qui lui fut révélée. C'est une question de foi. L'histoire ne peut dire que ce que montrent les documents : un marchand devenu prédicateur, puis dirigeant et général. Les historiens laïques considèrent généralement le Coran comme le recueil de sa propre prédication.

Cette page s'appuie sur des sources musulmanes, principalement la plus ancienne biographie (Ibn Ishaq, éditée par Ibn Hisham, dans la traduction anglaise de Guillaume de 1955) ainsi que le Sahih al-Bukhari et le Sahih Muslim, les deux recueils de hadiths que les musulmans sunnites tiennent pour les plus fiables. Les versets du Coran sont cités d'après la traduction de Pickthall.

1. Que savons-nous vraiment ? #

Presque tout ce que l'on sait de la vie de Mahomet provient d'auteurs musulmans qui ont vécu longtemps après lui. L'historienne Patricia Crone a écrit que « les sources littéraires musulmanes sur sa vie ne commencent que vers 750-800 de notre ère… quelque quatre à cinq générations après sa mort ».1 Ibn Ishaq est mort en 767–768, et sa biographie ne survit que dans des éditions plus tardives, principalement celle d'Ibn Hisham (m. 833–834). Les autres premiers biographes, al-Waqidi, Ibn Sa'd et al-Tabari, ont écrit aux IXe et Xe siècles.2

Le Coran lui-même ne donne presque aucune date ni aucun nom. Il ne nomme Mahomet que quatre fois (3:144, 33:40, 47:2, 48:29).1

Des sources non musulmanes confirment qu'il a existé. Un texte chrétien grec écrit en 632–634, la Doctrina Jacobi, rapporte qu'« un faux prophète est apparu parmi les Sarrasins ». Une histoire arménienne d'environ 660 le qualifie de marchand et de prédicateur.12 Crone concluait : « Il ne fait aucun doute que Mahomet a existé. »1

Nicolai Sinai, d'Oxford, écrivant pour l'Encyclopædia Britannica, s'attend à « une certaine accrétion de légende populaire » dans les biographies, mais ne voit « aucune raison impérieuse » de penser que leur trame générale n'est pas historique.2 Les faits ci-dessous sont donc ceux que rapporte la tradition musulmane. La plupart proviennent des sources que les musulmans eux-mêmes considèrent comme faisant autorité.

2. Naissance, famille et métier #

  • Naissance. Mahomet est né à La Mecque, traditionnellement en 570, dans le clan des Hachim de la tribu de Quraysh.2 Son père, Abd Allah, « mourut alors que sa mère était encore enceinte » ; sa mère, Amina, mourut « quand il avait six ans ».3 Il fut élevé d'abord par son grand-père, puis par son oncle, Abu Talib.3
  • Berger. Ibn Ishaq lui fait dire : « Il n'est pas de prophète qui n'ait gardé un troupeau. »3
  • Marchand. Enfant, il voyageait avec les caravanes de son oncle jusqu'en Syrie.3 Ibn Ishaq décrit Khadija comme « une commerçante digne et fortunée » qui engageait des hommes pour commercer pour son compte. Mahomet vendit ses marchandises en Syrie et doubla son argent, et elle le demanda en mariage. Il avait 25 ans.3 La Britannica date ce mariage de 595 et la qualifie de « riche veuve ».2 Elle fut son unique épouse jusqu'à sa mort, environ 25 ans plus tard. Son âge au moment du mariage est incertain : la tradition dit le plus souvent 40 ans, d'autres récits disent 28, et Ibn Ishaq ne donne aucun âge.

3. Les premières révélations #

Selon la tradition, les révélations commencèrent en 610 dans une grotte du mont Hira, près de La Mecque.2 Le Sahih al-Bukhari rapporte qu'un ange lui ordonna de « lire » et qu'il répondit : « Je ne sais pas lire. » Il rentra chez Khadija en tremblant, disant « Couvre-moi ! Couvre-moi ! » et « Je crains qu'il ne m'arrive quelque chose. » Khadija l'emmena chez son cousin Waraqa, un chrétien qui savait lire les Écritures hébraïques, et celui-ci le rassura.4

Ibn Ishaq rapporte que Mahomet craignit d'abord d'être « poète ou possédé », et pensa à se jeter du haut de la montagne.5 Un récit de Bukhari indique que, lorsque les révélations s'interrompirent, il « eut plusieurs fois l'intention de se jeter du sommet de hautes montagnes ». Des critiques musulmans font remarquer que cette phrase a été ajoutée par un transmetteur plus tardif, sans chaîne de garants.6

Les « versets sataniques ». La biographie d'Ibn Ishaq, dans la version d'al-Tabari, rapporte un épisode survenu à La Mecque. Mahomet récita des versets nommant trois déesses païennes (53:19–20), et Satan mit sur sa langue des paroles à leur louange : « ce sont les sublimes Gharaniq dont l'intercession est agréée ». Les Mecquois païens se prosternèrent alors avec les musulmans. Plus tard, selon ce récit, l'ange Gabriel le réprimanda, et un verset fut révélé disant que Satan intervient dans la récitation de chaque prophète (22:52).7 La plupart des musulmans rejettent aujourd'hui cette histoire. Mais Shahab Ahmed, chercheur à Harvard, a constaté que les musulmans des deux premiers siècles l'acceptaient largement comme historique.8

Savait-il lire ? Le Coran l'appelle al-nabi al-ummi, ce que Pickthall traduit par « le Prophète qui ne sait ni lire ni écrire » (7:157) (traduit de l'anglais de Pickthall, 1930).9 La tradition musulmane y voit la preuve que le Coran est un miracle. De nombreux chercheurs occidentaux font remarquer qu'ailleurs ummi désigne un peuple sans Écriture (62:2, 3:20), de sorte que le mot pourrait signifier « gentil » (non-juif) plutôt qu'« illettré ».9 Bukhari rapporte qu'il rédigea lui-même le traité de Hudaybiya.10 La question n'est pas tranchée.

4. De prédicateur à dirigeant #

Pendant environ 12 ans à La Mecque, Mahomet prêcha contre le culte des idoles et rassembla un petit nombre de fidèles. En 622, lui et ses disciples émigrèrent à Yathrib, plus tard appelée Médine. Cette émigration, l'hégire (hijra), marque l'an un du calendrier islamique.2

À Médine, Mahomet devint chef d'un État. Ibn Ishaq conserve un document, souvent appelé la Constitution de Médine, qui réglait les relations entre les musulmans et les tribus juives de la ville. Il commence ainsi : « un écrit de Mahomet le prophète ».11 Il recevait un cinquième de tout le butin de guerre pour « Allah, et pour le messager » ainsi que pour ses proches, les pauvres et les voyageurs (8:41).12 Il envoyait des émissaires et concluait des traités. Il repoussa les attaques mecquoises en 625 et 627, conclut une trêve avec La Mecque en 628, prit la ville en 630, et conduisit le pèlerinage de 632.2

5. Le chef militaire #

Ibn Ishaq recense en détail la carrière militaire de Mahomet :

  • « L'apôtre prit part en personne à vingt-sept expéditions. » Il « combattit effectivement dans neuf engagements » : Badr, Uhud, la Tranchée, Qurayza, al-Mustaliq, Khaybar, la conquête de La Mecque, Hunayn et al-Ta'if.13
  • Il envoya en outre « trente-huit » expéditions et razzias.13
  • Un compagnon à qui l'on demandait, dans le Sahih al-Bukhari, combien de campagnes Mahomet avait menées répondit : « Dix-neuf ».14

Les premières razzias lancées depuis Médine visaient les caravanes commerciales mecquoises. La bataille de Badr, en 624, commença comme une tentative de s'emparer d'une caravane conduite par Abu Sufyan.13 Le Coran déclare : « Le butin de guerre appartient à Allah et au messager » (8:1).12

Année Événement
624 Bataille de Badr : les musulmans battent les Mecquois
625 Bataille d'Uhud : les Mecquois battent les musulmans
627 Bataille de la Tranchée ; exécution des Banu Qurayza
628 Trêve de Hudaybiya ; conquête de l'oasis juive de Khaybar
630 Conquête de La Mecque ; batailles de Hunayn et d'al-Ta'if ; expédition de Tabuk
632 Mort à Médine

Les Banu Qurayza (627). Après la bataille de la Tranchée, les musulmans assiégèrent cette tribu juive de Médine, l'accusant d'avoir pris le parti de l'ennemi. Son sort fut remis à Sa'd ibn Mu'adh, qui jugea « que les hommes soient tués, les biens partagés, et les femmes et les enfants emmenés en captivité ». Mahomet fit creuser des tranchées sur le marché de Médine et « leur trancha la tête dans ces tranchées ». Ibn Ishaq dit qu'ils « étaient 600 ou 700 en tout, bien que certains avancent un chiffre aussi élevé que 800 ou 900 ».15 Certains chercheurs modernes contestent l'ampleur du massacre.

Khaybar (628). Bukhari rapporte : « Le Prophète fit tuer leurs guerriers, et leur progéniture et leurs femmes furent emmenées en captivité. » Parmi les captives se trouvait Safiyya, dont le mari venait d'être tué. Mahomet l'affranchit et l'épousa.16

L'élimination des critiques. Les recueils canoniques de hadiths rapportent des meurtres ordonnés par Mahomet :

  • Ka'b ibn al-Ashraf, un poète juif. Mahomet demanda : « Qui est prêt à tuer Ka'b bin Al-Ashraf, qui a offensé Allah et Son Apôtre ? » Le volontaire demanda la permission de « dire une chose (fausse) » pour le tromper, l'obtint, et le tua.17
  • Abu Rafi', un chef juif de Khaybar. « Le Messager d'Allah envoya quelques hommes des Ansar (pour tuer) Abu Rafi', le Juif. » Il fut tué de nuit dans sa maison.18
  • Ibn Ishaq rapporte aussi le meurtre de deux poètes, Asma bint Marwan et le vieil Abu 'Afak, après que Mahomet eut demandé : « Qui me débarrassera de la fille de Marwan ? »19 Ces deux récits ne figurent ni chez Bukhari ni chez Muslim et n'ont pas de chaîne complète de transmetteurs ; leur fiabilité est donc contestée.

6. Épouses, concubines et esclaves #

  • Épouses. Ibn Hisham rapporte qu'« il épousa treize femmes ».20 La Britannica indique qu'on « lui attribue généralement 14 épouses ou concubines ».2 Après la mort de Khadija, il eut plusieurs épouses à la fois, au-delà de la limite de quatre que le Coran fixe aux autres hommes. Le Coran lui en donne la permission « à toi seul, et non au (reste des) croyants » (33:50).21
  • Aïcha. Le Sahih al-Bukhari rapporte que « le Prophète l'épousa quand elle avait six ans et consomma son mariage quand elle avait neuf ans ».22 Ibn Hisham donne sept ans et « neuf ou dix ».20 Certains auteurs musulmans modernes soutiennent qu'elle était plus âgée ; les hadiths canoniques disent six et neuf ans.
  • Zaynab bint Jahsh était l'épouse du fils adoptif de Mahomet, Zayd. Après que Zayd eut divorcé d'elle, un verset fut révélé permettant à Mahomet de l'épouser, « afin qu'il n'y ait… aucun péché pour les croyants au sujet des épouses de leurs fils adoptifs » (33:37).23 Aïcha aurait dit que si Mahomet avait caché un verset, « il aurait caché ce verset-là ».23
  • Captives et concubines. Le Coran lui rend licites « celles que possède ta main droite parmi celles qu'Allah t'a données comme butin de guerre » (33:50).21 Rayhana, une captive des Banu Qurayza, fut choisie par Mahomet « pour lui-même » et resta sa concubine.15 Mariya, une esclave chrétienne égyptienne qui lui fut envoyée en cadeau, était « la concubine du prophète » et lui donna un fils, Ibrahim, mort en bas âge.24 Il épousa une autre captive, Juwayriya.20
  • Esclaves. Bukhari mentionne « un esclave noir du Messager d'Allah », que Muslim nomme Rabah.25 Muslim rapporte aussi que Mahomet « acheta » un esclave « pour deux esclaves noirs ».26 Son fils adoptif Zayd avait été son esclave avant qu'il ne l'affranchisse.20

7. Mort et succession #

Mahomet mourut à Médine le 8 juin 632, à l'âge d'environ 62 ans, dans les bras d'Aïcha.227 Sur son lit de mort, il dit ressentir encore la douleur de la nourriture empoisonnée qu'il avait mangée à Khaybar. Ibn Ishaq nomme l'empoisonneuse : Zaynab bint al-Harith, une femme juive de Khaybar.28

Il ne laissa aucun successeur incontesté. Lorsqu'il demanda de quoi écrire sur son lit de mort, ses compagnons se disputèrent pour savoir s'il fallait le lui apporter.29 Lors d'une réunion à Médine, ses compagnons choisirent Abu Bakr. Les musulmans chiites croient que Mahomet avait désigné son cousin et gendre Ali. Ce différend est à l'origine de la scission entre l'islam sunnite et l'islam chiite.30 Moins d'un siècle après sa mort, ses successeurs avaient conquis un empire s'étendant de l'Espagne à l'Asie centrale (voir la page sur le Coran).

8. Allah avant l'islam #

Le nom « Allah » n'est pas apparu avec Mahomet. Il est « probablement » une contraction de l'arabe al-ilah, « le dieu ».31 Le propre père de Mahomet s'appelait Abd Allah, « serviteur d'Allah », des années avant la naissance de l'islam.3 Le Coran lui-même dit que les païens de La Mecque appelaient déjà Allah le créateur : « si tu leur demandais : Qui a créé les cieux et la terre… ils diraient : Allah » (29:61 ; voir aussi 31:25).32 Les païens adoraient Allah aux côtés de dieux et de déesses secondaires. Le message de Mahomet était qu'Allah était le seul dieu.33 Les chrétiens arabes employaient ce mot avant l'islam et l'emploient encore aujourd'hui.

9. Qui a écrit le Coran ? #

Point de vue Ce qu'il affirme
Croyance musulmane Le Coran est la parole littérale d'Allah, révélée à Mahomet par l'intermédiaire de l'ange Gabriel entre 610 et 632. Mahomet n'en fut que le messager.2
Histoire laïque dominante Le Coran est le recueil de la propre prédication de Mahomet. Crone : « nous pouvons être raisonnablement sûrs que le Coran est un recueil de paroles qu'il a prononcées en croyant qu'elles lui avaient été révélées par Dieu. »1 Il fut fixé en un texte unique sous le calife Uthman, vers 650.2
Chercheurs révisionnistes John Wansbrough (1977) a soutenu que le texte avait pris forme sur une période beaucoup plus longue. Le Hagarism (1977) de Crone et Cook reconstruisait l'islam primitif à partir de sources non musulmanes ; Crone s'est ensuite rapprochée de la position dominante.34

Les preuves matérielles plaident pour un texte ancien. Le parchemin du fragment coranique de Birmingham a été daté au carbone « entre 568 et 645 apr. J.-C. avec une précision de 95,4 % ».35 Le palimpseste de Sanaa, un manuscrit ancien qui a été gratté puis réécrit, comporte une couche inférieure dont le libellé diffère du texte standard. Cela suggère que le texte était encore fluide à l'origine.36

Certains passages se lisent comme des réponses à la situation personnelle de Mahomet : la permission de son mariage avec Zaynab (33:37), son exemption de la limite de quatre épouses (33:50), et un reproche selon lequel il s'était interdit son esclave pour plaire à ses épouses (66:1).212337 Les musulmans y voient une direction divine donnée à un prophète. Les historiens laïques y voient les propres paroles d'un dirigeant, prononcées avec la voix de la révélation.

10. Comment les historiens le décrivent #

Les historiens le jugent de manières très différentes :

  • « Prophète et homme d'État ». La biographie classique de W. Montgomery Watt (1961) porte ce titre.38 The 100 (1978) de Michael Hart l'a classé comme la personne la plus influente de l'histoire, pour avoir réussi à la fois dans la vie religieuse et dans la vie politique.38
  • Chef de guerre. Des critiques comme Robert Spencer (The Truth About Muhammad, 2006) le dépeignent comme un chef de guerre qui a répandu sa religion par la force.38
  • Un homme de l'histoire. Des historiens laïques comme Crone, Sinai et Hugh Kennedy le traitent comme une figure historique : un marchand de La Mecque qui prêcha un nouveau monothéisme et bâtit un État et une armée à Médine.1238

Ce que montrent les documents. D'après les sources les plus fiables de l'islam lui-même, Mahomet fut :

  • un marchand devenu prédicateur ;
  • puis un dirigeant qui levait l'impôt, rendait la justice et concluait des traités ;
  • un chef militaire qui mena 27 expéditions en personne et en envoya 38 autres ;
  • un dirigeant qui ordonna le meurtre de critiques et approuva l'exécution de centaines de prisonniers ;
  • un homme qui prit des épouses et des concubines parmi les captives de ses guerres.

Rien dans les documents historiques ne montre quoi que ce soit au-delà de l'humain. Savoir si Allah lui a parlé est une question de foi, à laquelle l'histoire ne peut pas répondre.

Sources #


  1. Patricia Crone, "What do we actually know about Mohammed?", openDemocracy, 31 August 2006. https://www.opendemocracy.net/en/mohammed-3866jsp/ ↩↩↩↩↩↩

  2. Nicolai Sinai, "Muhammad", Encyclopaedia Britannica. https://www.britannica.com/biography/Muhammad ↩↩↩↩↩↩↩↩↩↩↩↩↩

  3. A. Guillaume (trans.), The Life of Muhammad: A Translation of Ibn Ishaq's Sirat Rasul Allah (Oxford University Press, 1955), pp. 68–83. https://archive.org/details/GuillaumeATheLifeOfMuhammad ↩↩↩↩↩↩

  4. Sahih al-Bukhari 3. https://sunnah.com/bukhari:3 ↩

  5. Guillaume, The Life of Muhammad, pp. 106–107. https://archive.org/details/GuillaumeATheLifeOfMuhammad ↩

  6. Sahih al-Bukhari 6982. https://sunnah.com/bukhari:6982 ↩

  7. Guillaume, The Life of Muhammad, pp. 165–166; Quran 22:52 and 53:19–20. https://quran.com/22/52 ↩

  8. Shahab Ahmed, Before Orthodoxy: The Satanic Verses in Early Islam (Harvard University Press, 2017); Princeton Near Eastern Studies. https://nes.princeton.edu/publications/orthodoxy-satanic-verses-early-islam ↩

  9. Quran 7:157, 29:48, 62:2 and 3:20 (Pickthall). https://quran.com/7/157 ↩↩

  10. Sahih al-Bukhari 2699. https://sunnah.com/bukhari:2699 ↩

  11. Guillaume, The Life of Muhammad, pp. 231–233. https://archive.org/details/GuillaumeATheLifeOfMuhammad ↩

  12. Quran 8:1 and 8:41 (Pickthall). https://quran.com/8/41 ↩↩

  13. Guillaume, The Life of Muhammad, pp. 659–660; on Badr, pp. 289ff. https://archive.org/details/GuillaumeATheLifeOfMuhammad ↩↩↩

  14. Sahih al-Bukhari 3949. https://sunnah.com/bukhari:3949 ↩

  15. Guillaume, The Life of Muhammad, pp. 464–466. https://archive.org/details/GuillaumeATheLifeOfMuhammad ↩↩

  16. Sahih al-Bukhari 4200 and 2235. https://sunnah.com/bukhari:4200 ↩

  17. Sahih al-Bukhari 4037. https://sunnah.com/bukhari:4037 ↩

  18. Sahih al-Bukhari 4039. https://sunnah.com/bukhari:4039 ↩

  19. Guillaume, The Life of Muhammad, pp. 675–676. https://archive.org/details/GuillaumeATheLifeOfMuhammad ↩

  20. Guillaume, The Life of Muhammad, pp. 792–794 (Ibn Hisham's list of wives). https://archive.org/details/GuillaumeATheLifeOfMuhammad ↩↩↩↩

  21. Quran 33:50 (Pickthall); see also 4:3 on the limit of four wives. https://quran.com/33/50 ↩↩↩

  22. Sahih al-Bukhari 5133. https://sunnah.com/bukhari:5133 ↩

  23. Quran 33:37 (Pickthall); Sahih al-Bukhari 7420. https://sunnah.com/bukhari:7420 ↩↩↩

  24. Guillaume, The Life of Muhammad, Ibn Hisham's note on Mariya the Copt. https://archive.org/details/GuillaumeATheLifeOfMuhammad ↩

  25. Sahih al-Bukhari 4913; Sahih Muslim 1479a. https://sunnah.com/muslim:1479a ↩

  26. Sahih Muslim 1602. https://sunnah.com/muslim:1602 ↩

  27. Guillaume, The Life of Muhammad, pp. 682–683. https://archive.org/details/GuillaumeATheLifeOfMuhammad ↩

  28. Sahih al-Bukhari 4428; Guillaume, The Life of Muhammad, p. 516. https://sunnah.com/bukhari:4428 ↩

  29. Sahih al-Bukhari 4432. https://sunnah.com/bukhari:4432 ↩

  30. Sahih al-Bukhari 3668; Guillaume, The Life of Muhammad, pp. 683–687. https://sunnah.com/bukhari:3668 ↩

  31. Asma Afsaruddin, "Allah", Encyclopaedia Britannica. https://www.britannica.com/topic/Allah ↩

  32. Quran 29:61 and 31:25 (Pickthall). https://quran.com/29/61 ↩

  33. "Allah", Wikipedia, summarising W. M. Watt and F. E. Peters on pre-Islamic Mecca. https://en.wikipedia.org/wiki/Allah ↩

  34. J. Wansbrough, Quranic Studies (Oxford University Press, 1977); P. Crone and M. Cook, Hagarism (Cambridge University Press, 1977); Crone (2006), as note 1. ↩

  35. University of Birmingham, "Birmingham Qur'an manuscript dated among the oldest in the world", 22 July 2015. https://www.birmingham.ac.uk/news/2015/birmingham-quran-manuscript-dated-among-the-oldest-in-the-world ↩

  36. B. Sadeghi and U. Bergmann, "The Codex of a Companion of the Prophet and the Qur'an of the Prophet", Arabica 57 (2010); summary at https://en.wikipedia.org/wiki/Sanaa_manuscript ↩

  37. Quran 66:1 (Pickthall); Sunan an-Nasa'i 3959. https://sunnah.com/nasai:3959 ↩

  38. W. M. Watt, Muhammad: Prophet and Statesman (Oxford University Press, 1961); M. H. Hart, The 100 (1978); R. Spencer, The Truth About Muhammad (Regnery, 2006); H. Kennedy, The Prophet and the Age of the Caliphates (1986). ↩↩↩↩

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